Bonjour Msieudames,

fatals caumon

Bon, depuis qu'on a une vie plus rangée qu'avant, quand on habitait au pays du vent où c'était un peu compliqué de prévoir des trucs, on se fait "plaisir" et on va au cinoche et à des concerts, souvent.
Pour le cinoche, on a une salle sympatoche à Montpon, mais c'est chaud de tomber sur le bon film/le soir où on est libre, oui, parce que lorsque je dis y a une salle, y a vraiment 1 salle, donc, 1 film...
Pour les concerts, c'est plus facile, on a la programmation longtemps avant, du coup, on peut réserver les places/la soirée.
C'est ce qu'on a fait avec les Fatals Picards.
Quand mon Pou a vu qu'ils passaient à l'Accordeur à Saint Denis de Pile (je vous recommande sincèrement l'Accordeur), il m'a dit : "ho, on y va ?" J'étais moyennement emballée. Je craignais le too much, la démago à gogo et les blagues pénibles, puis j'ai réécouté des chansons comme "Bernard Lavilliers", "Cure Toujours", "Mon père était tellement de gauche"... puis je me suis dit qu'on allait ptêt rigoler, et que j'étais juste snob et prétentieuse, qu'ils chantaient pas si mal que ça, que les paroles étaient plutôt intelligentes et que ça rockait, quand même. Allez, banco pour les Fatals Picards.
On est arrivés à l'Accordeur un peu en retard (normal), et on a découvert un type qu'on avait oublié, mais qu'on connaissait, en fait : Patrice Caumon, ancien des Oisillons Tombés du Nid, groupe de rock/punk des années 90 (ouais, ça nous rajeunit pas, mais si on réfléchit bien, lui non plus). On a chanté avec lui, et ri aussi, beaucoup. Le type connait son job, il le fait avec plaisir, avec intelligence et générosité. Bref, la classe. Bilan première partie : enchantés, rien que pour ça, ça valait le coup de se déplacer.
Et effectivement, RIEN QUE POUR CA, ça valait le coup de se déplacer.
Les Fatals Picards sont arrivés suuuuuuper longtemps après. On a attendu longtemps. Très longtemps. Genre : ouais, la populace, on est des stars, vous pouvez bien attendre, hein. En plus, vous êtes venus en masse dans une mini salle associative dans un bled paumé, on fait ce qu'on veut.
Ils l'ont dit, d'ailleurs. Plusieurs fois. Pour qu'on comprenne bien. Ca m'a fait grincer les dents.
Le chanteur, avec son polo lacoste vert, le bassiste avec sa jolie coupe de cheveux et son T shirt à paillettes, les petits sketchs entre chaque chanson, tellement rodés qu'ils étaient débités sans âme et à la va-vite, les "ho merde, c'est quoi les paroles ? bof, on s'en fout, c'est rien que des bouseux, on va pas s'excuser, hein...", les vannes pourries sur le ptit gars/bonniche qui s'occupe du matos, tout ça m'a laissé un goût acide.
Comme on est plutôt habitués à aller voir des petits groupes, plutôt que des grosses machines, inutile de dire que ça nous a bien changé ! On voit et écoute des gens qui sont contents d'être là, contents qu'on leur donne une scène pour s'exprimer et pour partager, et eux, ben j'avais vraiment pas l'impression.
L'année dernière, on était allés voir Soan, qui nous avait laissé le même sale arrière goût : dans les chansons, c'est parfait, tout est raccord, rien à reprocher. Dès que le type commence à parler, on regrette qu'il parle. C'est dommage pour un concert, du coup, si l'échange ne se fait pas, autant écouter l'album à la maison.
La semaine prochaine : Pigalle au Krakatoa.

Allez les gens, c'est pas tout ça, mais faut qu'je file.
;-)